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L’immense majorité des Chouraqui, Chouraki, Shuraqi, Cherki… Elie, Serge, André et les autres sont Juifs. Les quelques musulmans porteurs de ce nom de famille auront été des Juifs berbères, convertis à l’Islam.

Ce nom vient de l’arabe et signifie « qui vient de l’Est ».

Ceux qui ont des penchants pour le récit biblique diront que l’arabe est une langue de la famille « Chamito-sémitique ». Un peu de Cham, ou Ham, l’africain et un peu de Sem le sémite, tous deux frères et enfants de Noé. Les linguistes préféreront employer le terme « afro asiatique ». Ces langues ont en commun un certain nombre de caractéristiques les distinguant très clairement des langues indo-européennes, altaïques ou sino-tibétaines.

Notons que l’orient, pour les habitants du Sahara occidental, du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, du Soudan, pour les Cherki du Libye comme pour les Bencharki de l’Égypte…pour tous ceux-là, l’Orient ce n’est pas l’Espagne.

Ce ne sont pas les terres ibériques même si en face de Palma de Majorque, ou pourtant les Chouraki furent nombreux, juste à côté de l’hamburgueseria ou le service en terrasse vaut de détour, se trouve une ancienne forteresse appelée CHeRika, XeRiCa ou Jerika.

Grâce à Google Maps et à quelques années d’études approfondies on sait que l’Orient par rapport à l’Afrique du Nord c’est Israël, la Jordanie, la Syrie, le Liban, l’Iraq, l’Iran, l’Afghanistan et, on peut s’arrêter là, en évitant de pousser, jusqu’au Japon… bien que SHuRiKen… non, je plaisante. Cela n’a rien à voir avec cette étoile qui pique que mon fils Meir et les samouraïs s’amusent à lancer pour désorienter, faire perdre l’orient, à leur cible.

En hébreu, CHouRaQUi signifie : « siffler « CHoReKE

CH-R-K : « il siffle « ?

C’est là où l’intuition et le sens de la poésie prennent toute leur dimension.

Il est chaud et chargé de sable. Il assèche les plaines côtières de l’Afrique du Nord. « Il siffle « ou « il souffle « ? Qui vient de l’Est et qui souffle dans nos cheveux ondulants ? 

Réponse de poète : Le vent. Le SiRoCCo, le SHARAK, le CHerGui ou SaRQi, SHarki ou CHaRaki.

J’ai suivi son souffle et il m’a transportée jusqu’en Mésopotamie.

Le « A « avant le « B « des Chouraki

CHOURAKI signifie « qui vient de l’Est « et cette information est un bon début. Un bon commencement.

La Genèse, au sujet du mot « Béréchit », « Au commencement », nous apprend qu’il y a toujours un petit quelque chose avant un commencement. On ne commence pas ex nihilo. Avant le « B « du mot Béréchit il y a une autre lettre, le « A ». Le monde du « A », celui de l’essence, de l’idée, de la parole, celui qui aurait précédé le monde du « B », du sens, de la physique, celui d’où sont issus notre terre, l’olivier rameux et noueux, le Machaon du fenouil et l’enfant qui va naître. Sans être exégète, ça me paraît logique, il y a forcément un point de départ qui précède le point à partir duquel on part.

Si le monde que l’on appellera pour l’occasion le monde « B « des CHOURAKI n’est pas l’Algérie alors il faudra aller le chercher beaucoup plus loin.

Dans ce texte, comme vous le constaterez, assez long et parfois même un peu technique, j’ai vendu le suspense à la connaissance intellectuelle et je prie ceux qui auront préféré aller en récréation, de bien vouloir m’excuser. J’annonce la couleur : J’ai osé un rapprochement audacieux entre les Chouraki et les Sargon.

Je suis partie de l’hypothèse qu’à l’origine de l’origine oranaise des Chouraki, se trouve la forteresse de SHouRaKi. Dur SHurukin. Dur-Sharukin signifie : Dur, la forteresse et SHuRuKin, de SHaRuK, de SaRGon ou, Khorsabad pour les intimes. Au nord de d’Iraq, à quelques rouleaux de tissu de mousseline de Mossoul pris en tenaille entre la Turquie et l’Iran.

Chouraki est aussi peu algérien qu’Hadad serait tunisien.

Haddad est le D.ieu sumérien de la foudre avant d’être un mangeur de Pkaïla.

Ceux qui avaient été appelés « fils d’Abraham, de Sarah, de Yaacov… « en Terre Promise et qui s’étaient intégrés malgré eux à la vie mésopotamienne, ont été appelés Sassoun avant de fuir Suse, Efrati avant de quitter les rives de l’Euphrate, Amar ou Benamar quand ils ont laissé derrière eux la ville d’Amara, Sitruk quand ils ont approché le roi d’Elam, Kadouri, Farhi et Chouraki quand ils ont laissé derrière eux les ruines de Khorsabad.

Il n’y a pas que le souffle de l’histoire qui nous emporte en Mésopotamie, il y a aussi la génétique. L’ADN des Juifs du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, de Djerba et de Libye est très proche de celui des populations juives moyen-orientales. 75% de l’ADN des Constantinois et des habitants d’Annaba indiquent qu’ils sont originaires de Syrie, de l’Assyrie.

Le centre de gravité des langues sémitiques est, au Sud de la Mésopotamie l’arabe, l’éthiopien, le tigréen, l’érythréen. A l’Est de l’Empire mésopotamien : l’Akkadien, l’élamite et le perse Achem-énides du roi Cyrus. Et, autour de la Syrie : l’éblaïte, l’ougaritique, l’araméen à partir du 9ème siècle à nos jours. Dans la région syro-israélienne il y eut, le phénicien-punique, le cananéen, l’amorite, le moabite, l’édomite et il y a, l’hébreu.

PREFIXES, SUFFIXES : Au nom Chouraki peut avoir été ajouté en particule le nom de D.ieu : Al Shuriqi

Un article défini qui s’écrit « A « : Acherqui / Asharqui / Ashriqui

Ou un lieu géographique comme pour ceux qui débarquaient des ports marocains d’Essaouira et qui devenaient les : Eshriqui / Esharqui

Les suffixes IN, INA ou INO en Espagnol expriment un diminutif lexical, une idée de « petit « ou « enfant de ». Et, quand le X sémitique n’est pas remplacé par le CH occidental, le petit Chouraki espagnol devient : Axarkin / Exarkino

On trouve aussi parfois l’ajout d’un suffixe déterminant un lien de parenté comme « fils de « : Ben Ashriqui / Hen SHriki / Ben Ashurqi

LES VOYELLES : Il est de la responsabilité du lecteur de supprimer ou d’alimenter en voyelles le texte qu’il a sous les yeux. Le « A « de l’ancien araméen devenu « O « en cananéen peut être lu AI ; AY ; E ; EI ; I ; O ; OU… CHouRaKi / CHeReiKo …

K = QU = X comme le I = Y : Si en Chine les noms de famille existent depuis plus de 5000 ans, si les Romains eurent chacun un nom, un prénom et un surnom, en France et suivant l’ordonnance de Villers-Cotterêts, les noms ont été officialisés à partir de 1539. Comme il n’y a pas d’orthographe aux noms de famille, au gré des humeurs du rédacteur, le K fut souvent écrit QU dans les registres paroissiaux ou administratifs. Le X, jugé impraticable par un curé ou un fonctionnaire en charge de l’enregistrement fut transformé en K. C’est ainsi que les membres d’une même famille se virent attribuer des noms différents et ne purent s’agripper qu’à la seule phonétique pour se rapprocher : ChouraKi / ChouraQUi / Xuraki

CH = S = SH : Si en Mésopotamie occidentale on parlait l’araméen et l’ougaritique dont sont issus le cananéen et l’hébreu, en Mésopotamie orientale on s’exprimait en akkadien ou dans l’un de ses deux dialectes. Celui du nord, en assyrien le « S « ou « š « était prononcé « CH ». En akkadien du Sud c’est à dire en babylonien on prononçait véritablement « S « la lettre dessinée par un « S ».

En hébreu, il y a pour le « sin « pour le son « S « et le « Chine « pour le son « CH « ou « SH ». A ce propos, on lit dans les Juges 12,1-7 que les gens d’Ephraïm n’avaient pas l’habitude des sonorités chuintantes qu’ils prononçaient comme un « S ». Leurs adversaires, ceux de la tribu de Ménaché, afin de les repérer les faisaient parler. Malheur à ceux d’Ephraïm qui, au sujet d’un « épi de blé « sifflaient un « SSSSibolet « plutôt que de chuchoter chilencieusement et en chuintant un « CHHHHibolet ». Ils étaient ainsi passés au fil de la hache.

K = G comme le Ki = Gi comme le Kin = Gin : On note avec une éclatante satisfaction que le son « G « que les Babyloniens employaient était devenu un « K « sous la langue des Assyriens. Ceux qui faisaient leurs emplettes au pied de la tour de Babel, disaient « Gi « quand ils voulaient nous parler de la terre. Le Gi que nous retrouvons dans, géo-graphie. Parfois ceux qui revenaient du culte disait « Gin « quand ils voulaient parler de la déesse de la fertilité. Ceux du nord, les Assyriens, avaient le toupet de transformer le « G », le « Gi « et même le « Gin « en « K », « KI « ou « Kin ».

De la même manière qu’il n’existe pas de « P « dans l’alphabet arabe, il n’existait pas de « G « chez les Étrusques qui, pour l’exprimer utilisaient la lettre K. Les Romains qui apprirent le grec en transitant par l’étrusque furent confrontés à ce dilemme que l’un d’eux, résolu, inventera le dessin du G au troisième siècle. ChouraGi / ChouraKi

Le « N « final : En langue sémitiques, il y a certaines consonnes qui, mises à la fin des racines, sont représentatives de concepts. Les hébraïsants les appellent « Sophit ». Au fil des circonstances, ils garantissent au porteur, un métier, une ville, une qualité, une apparence physique, un titre honorifique, un animal…

En l’occurrence, le « N sophit « peut impliquer soit une idée de « Fils de.. », « Ben ou Ibn « ou bien, l’idée du pied. Le pied, l’organe de la marche, qui induit une dynamique ou une nécessité d’avancer. Cette information nous concerne puisque nous allons parler de Sargon.

Les assyriologues s’interrogent même sur l’authenticité de son véritable nom : SHarou-Kin / šaru-ukīn / Saru-Kin /Sharum-kin / Sharukenu / Sharukin / Sharu-ukin/ Šaru-kinu…. ? Signifiant « roi légitime « dans Isaïe XX, 1.

Deux rois portèrent ce nom.

  • Sargon l’Ancien ou 1er qui aurait régné de 2285 à 2229 ans av.ne. certainement plus légendaire qu’historique. Les musées présentent un masque en spécifiant qu’ils ne sont pas certains qu’il ne s’agisse pas du visage de son fils. En face du récit du héros Gilgameš ou Gilgamech roi d’Uruk confronté à six jours de déluge, un sauvetage dans un bateau, une colombe puis un corbeau envoyés… on trouve la trame narrative du mythe de Sargon l’Ancien. Les circonstances de sa naissance sont très proches de celles de Moise. Notons que si le mythe du roi Gilgamech est daté de près de 1750 ans av.ne. celui du sauvetage sur le fleuve du roi Sargon 1er aurait été écrit 700 à 1000 ans avant notre ère. Les textes littéraires sont plus tardifs que ceux concernant les édits et les lois.
  • Sagon II ou SHaroukin (règne de 722 à 705 avant ne.) Il aurait choisi de se faire appeler ainsi en raison de la légende de Sargon I. Lui aussi aurait pâtit d’une certaine illégitimité en étant, semble-t-il, le fils de Téglath-Phalasar III et donc le frère de son prédécesseur Salmanasar V et non pas son fils de sang. Les villes qui eurent sa préférence auront été Assur, Ninive et Dur Shurakin ou Khorsabad.

CHouRaKi racine CHRK : Pour les langues sémitiques, un nom s’analyse à partir de sa racine. Celle-ci exprime le plus souvent le sens général que l’on aimerait donner au mot. En déclinant la racine, on peut comprendre le sens de ses dérivés. La racine des mots sémitiques est le plus souvent trilitère, c’est à dire, composée de trois lettres. Pour trouver la racine, on ne tient ni compte des voyelles qui disparaissent au profit du seul groupe consonantique, ni compte des préfixes ou suffixes.

La racine de CHouRaKi est donc composée des trois consonnes : CH-R-K

Shrek : Toute ressemblance avec un ogre vert est très certainement coïncidentielle…

Mettons le projecteur sur ce nom de Sargon, si proche de CHouRaki.

Que diable suis-je allée faire dans cette hypothèse ?

ChouRaKi pourrait avoir pour un assyrien, la même connotation qu’un LEROY pour un français.

S-R-K ou SH-R-K peut se lire CH-R-G ou CH-R-K…

SaRGon, c’est du babylonien

ŠaRuKīn c’est de l’assyrien

CHuRaKi c’est comme à la maison.

CHOURAKI=SARGON et, je n’en suis pas fiérote. Combien d’esclaves de Sargon sont morts l’herminette et le rifloir en main ?

Quelle que soit la beauté de Khorsabad, et il faut le reconnaître le site est exceptionnel, ledit Sargon aura été l’un des nombreux et immondes geôliers de notre peuple.

Les fouilles d’Emile Botta ont permis de mettre à jour les bas-reliefs qui historient les murs du Musée de Jérusalem. Sur une longue pierre froide que l’on peut appeler en prenant une voix glaciale, un orthostate, des familles de Juifs sont représentés, entassés dans des charrettes ou enchainés, déportés par les armées de ce SaRGon. Ils habitaient Jaffa, Hébron, Sichem, Jérusalem ou Lakish. Tous ont vaillamment combattu parce qu’ici, en Israël, et de cette époque, il a été retrouvé les témoignages insupportables d’assauts violents. Des milliers de crânes et de pointes de flèches gisent encore au pied des rampes qui permettaient à nos ennemis d’accéder aux remparts.

Certains d’entre ces déportés se seraient-ils tant rapprochés du pouvoir de Sargon pour avoir été appelés CHOURAKI ?

Le monde est ainsi fait que le proto-iraquien dit Sargon s’est vu botter le train par le proto-iranien Cyrus, arrivé de Persépolis. Au fil des siècles les Chouraki ont quittés l’Iraq pour, soit revenir chez eux en Israël, soit pour le Maghreb sous la poussée des arabes qui allaient coloniser l’Iraq.

Conclusion :

Alors que pour la millième fois j’emmenais mes enfants au Louvre et que nous essayions d’apprendre par cœur les 282 jurisprudences du Code d’Hammurabi (circa 1750 ans avant notre ère), nous lisons sur les deux mètres vingt-cinq de basalte gravé :

« Si quelqu’un a crevé un œil à un notable, on lui crèvera un œil…. S’il a brisé un os à un notable, on lui brisera un os… Si quelqu’un a fait tomber une dent à un homme de son rang, on lui fera tomber une dent…et les mots, redoutables, de la 7ème section … Si un homme achète de l’argent ou de l’or, un serviteur ou une servante, un bœuf, un mouton ou un âne, ou toute autre chose au fils d’un homme, ou à un serviteur d’un homme sans témoin ni contrat, ou s’il reçoit (la même chose) en fiducie, cet homme sera mis à mort comme un voleur »

Et pour ceux qui seraient intéressés par la version assyrienne :

« … šum-ma a-wi-lum lu kaspam lu ḫurâṣam lu wardam lu amtam lu alpam lu immeram lu imêram u lu mi-im-ma bšum-šu i-na ga-at bmâr a-wi-lum u lu warad a-wi-lim ba-lum ši-bi u ri-ik-sa-tim iš-ta-am u lu a-na ma-ṣa-ru-tim im-ḫu-ur awil um šuu šarraaḳ id-da-ak »

….vous l’avez lu comme moi ? : šarraaḳ… avec un š = CH : « AWIL-um Su šarrāq »

AWIL-um = cet homme

Su = il est

šarraaḳ = un voleur

SaRaK ? CHouRaKi ? Un voleur ?

Pas sympa du tout ça ! « Assour ! « comme on fit chez nous : Interdit !

Ce à quoi nous répliquons et toujours en assyrien : « šarum lā šanān » = le roi ne peut pas rivaliser.